Le projet Volleyball Impact a réuni des jeunes venus de différentes communes autour d’un même filet. Les jeunes joueurs ont été formé par des animateurs selon la méthode HAVOBA. Il s’agit de l’organisation de tournois et la mise en place des activités, avec une ambition simple : favoriser les rencontres, encourager la mixité et faire du sport un espace d’apprentissage collectif.
Se rencontrer autrement
Sur les terrains, les échanges ne se limitaient pas aux passes et aux services. Très vite, les équipes se sont construites au-delà des habitudes, mêlant établissements et profils différents. Rachidatou KOUKOUBERE de Bassila, 16 ans, raconte comment ces rencontres ont pris forme : « Ce tournoi m’a permis de faire de nouvelles connaissances. » Elle insiste aussi sur la diversité des échanges sportifs : « J’ai joué avec les élèves des autres écoles comme CEG Bassila et CEG2 Manigri. » Et ce qu’elle retient dépasse le jeu lui-même : « Pendant le tournoi j’ai appris des autres beaucoup de choses comme l’amour, la joie partagée, l’ambiance, le vivre ensemble », explique Rachidatou, qui ajoute sans hésiter : « J’aimerais rejouer encore et encore à chaque fois que l’occasion va se présenter. »
Apprendre à jouer ensemble
La mixité, justement, a marqué plusieurs participants. Pour Machcour AGBADE de Bassila, 15 ans, l’expérience était nouvelle : « Selon moi, jouer avec les filles était une chose intéressante, c’était pour ma première fois et je vois ça joli », explique-t-il. Les débuts n’ont pas été immédiats : « Nous nous entendons mais pas au début, c’est avec le temps que la compréhension s’est installée », ajoute Machcour. Mais sur le terrain, l’équilibre s’est trouvé : « Tout le monde a joué normalement. » Et il en tire un constat clair : « J’ai trouvé ça important parce que j’ai constaté qu’on s’entendait mieux entre filles et garçons sur le terrain. »
Cette dynamique collective a aussi transformé la manière de jouer. Nassirou Abdoul Latif, 14 ans, venu de Kouandé, explique comment son regard a évolué : « J’ai appris à jouer pour l’équipe. Avant je voulais tout faire seul. Maintenant je regarde si ma coéquipière est mieux placée et je lui donne le ballon. On marque plus comme ça. » Au-delà du jeu, c’est aussi l’attitude qui change : « J’ai arrêté de crier sur les autres quand ils ratent. Je dis “c’est pas grave, on continue”. Ça garde tout le monde dans le match. » Pour lui, la progression passe avant tout : « Bien jouer d’abord. Quand on respecte notre jeu, qu’on sert bien et qu’on parle, la victoire suit. »
Coopérer, se faire confiance
Sur le terrain, cette logique d’équipe se traduit par une communication constante et une complémentarité entre les joueurs. TAMOU Affoussatou, 15 ans de Kouandé décrit une entraide concrète : « On se parlait beaucoup. Je dis “courte” ou “j’ai” pour qu’on sache qui prend la balle. Les garçons me couvrent au filet, moi je défends derrière. On se complète. » Elle insiste aussi sur l’importance du soutien moral : « Si je rate mon service, on me dit “tu vas mettre le prochain”. Personne ne baisse la tête. Ça aide à rester concentrée jusqu’au bout. »
Cette confiance partagée donne à chacun une place dans le jeu : « Je me sentais utile. Les garçons me font confiance et me donnent la balle. Seule je pourrais pas aller en finale, mais à 6 on est forts », explique-t-elle. Et quel que soit le résultat, l’expérience reste collective : « Gagner ensemble c’est une grande joie, on fête tous. Perdre ensemble ça fait mal mais on se soutient. On parle de ce qu’il faut corriger et on repart. On grandit ensemble. »
Des moments qui marquent
D’autres gardent en mémoire des moments plus symboliques. Eléazar Siara MERE, 16 ans de Bembèrèkè se souvient d’une ambiance particulière : « Le tournoi était bien ambiant et même motivant », explique-t-il. Parmi les temps forts, un instant précis : « Mon moment préféré au cours du tournoi est celui de la présentation des équipes de chaque commune où toutes les équipes gardaient vaillamment les insignes de leur commune. » Il résume son expérience sans détour : « Je me suis très bien amusé tout au long du tournoi, soit local ou communal », avant de trancher : « Pour décrire ce tournoi en un mot je dirais : exceptionnel. »
Dépasser la peur, retenir l’émotion
Pour les plus jeunes, l’expérience a aussi été une première approche du jeu et de la compétition. Tryphène Nassara OUGNERO, 9 ans de Bembèrèké, évoque ses débuts avec franchise : « Pour le tournoi j’avais très peur au début parce que c’était ma première fois. Mais après je n’avais plus peur », explique-t-elle. La progression se joue parfois en un geste : « Mon meilleur moment c’était lors d’un match où j’ai pu faire passer mon premier service », ajoute Tryphène. Elle garde aussi en tête un souvenir fort : « Il y a un match que j’ai en souvenir, le match de la finale à Nikki où nous l’avons remporté. » Et au-delà du résultat, ce sont les sensations qui dominent : « Le souvenir que je garde par rapport au tournoi est que c’était un tournoi bien qui nous a initiés au volley-ball et aux matchs sur le terrain. C’était des moments de partage et d’émotion. »
Au fil des matchs, des voix différentes, des âges variés, mais un même fil conducteur : apprendre à jouer avec les autres, et parfois grâce aux autres.
Encadrer : Un impact qui dépasse le terrain
Dans le cadre du programme des jeunes officiels lancé par le ministère des Sports au Bénin, dans le département du Borgou, où le projet Volleyball Impact s’est déroulé, sur les cinq jeunes retenus, quatre ont participé au projet Volleyball Impact.
Une reconnaissance qui est particulièrement significative pour la discipline de l’arbitrage. Cet élément met en évidence un effet direct du projet au-delà de la compétition elle-même, avec une valorisation des jeunes engagés dans les fonctions d’arbitrage et leur intégration dans un programme national.









