Il y a sept mois, la Fondation HAVOBA inaugurait, au cœur du quartier de Koumassi à Abidjan, le tout premier terrain de hand à 4 déployé en Afrique par son réseau. Un projet mené avec l’association HANDbyKARL et son président d’honneur Karl Konan, dans le cadre d’un programme d’installation de terrains dans six pays. Sept mois plus tard, le résultat est déjà tangible sur le terrain. Entretien avec Mélanie Bana, Présidente de HANDbyKARL.

Quels étaient, au départ, les objectifs de cette infrastructure : développement du handball, impact social, accès au sport pour les jeunes… ?
C’est tout à la fois. Le projet a été développé dans une école en lien avec la fédération, le monde éducatif local et les collectivités pour développer la pratique scolaire et associative des plus jeunes. Elle permet un accès direct et sécurisé permanent des enfants des quartiers et de l’école.
Une fois le stade construit, qu’est-ce qui a changé concrètement pour les pratiquants ?
Leur pratique est quotidienne, du lever du jour au coucher du soleil. Classes, associations, acteurs éducatifs sont sur ce terrain en permanence, 7 jours sur 7. Le rendement est spectaculaire et touche surtout une communauté éducative.

Et pour la communauté locale ?
La communauté locale s’est rassemblée pour l’inauguration de manière groupée, ce qui est rare. Tous les acteurs politiques et associatifs étaient présents dans une grande simplicité. Les communautés réclament une suite à ces constructions / rénovations qui changent la pratique sportive et éducative concrète au quotidien.
Aujourd’hui, combien de personnes utilisent régulièrement ce stade et quels sont les profils ?
Enfants, adolescents, adultes, filles et garçons, scolaires , clubs ; tous sont présents et facilitent son rendement. Plusieurs centaines de personnes et d’enfants sont là tous les jours, 7 jours sur 7. Écoliers, cadres, licenciés des clubs enseignants ; c’est désormais un vrai point de rencontre.
Quelles activités s’y déroulent actuellement ?
Il y a des animations scolaires, des enseignements de l’EPS du 1er degré, des actions sociales dans le quartier avec les communautés, des tournois sportifs et des entraînements menés par des clubs.

Ce stade a-t-il permis de structurer ou de renforcer des clubs et des programmes de formation locaux ?
L’enseignant responsable du projet pour la communauté éducative est depuis devenu Directeur Technique National de la fédération, maillant encore davantage le projet entre l’école et les clubs. Cela ouvre une voie de développement par l’installation sportive, qui constitue le facteur limitant de la pratique en Afrique. Le terrain devient ainsi une forme d’académie, attirant les formateurs scolaires et associatifs ; par ce lieu, on ouvre une porte éducative et de développement des compétences.
Au-delà du sport, quels impacts observez-vous sur la vie du quartier ?
Une vie sociale plus forte autour du lieu se développe. La sécurité de l’enceinte scolaire est aussi un facteur de pérennité. Le lieu de rendez-vous de match est un lieu de vie, de rencontres. Les gens se parlent plus et se socialisent davantage.
Comment les acteurs locaux se sont-ils approprié l’équipement ?
En se partageant le lieu et les pratiques variées. Le porteur de projet et l’école sont garantes de son utilisation sociale. En se respectant les uns les autres on a vu la rue venir dans l’enceinte scolaire pour pratiquer, regarder, parler et être ensemble.
Avec le recul, diriez-vous que ce projet est une réussite ?
C’est un premier pas à taille humaine de proximité ; mais il est très inséré dans la réalité quotidienne et répond au besoin des acteurs. Son déploiement et sa livraison étaient difficiles et coûteuses pour une petite association comme nous, mais avec Karl Konan, nous avons mené à bien cette mission, qui constituait une première pierre importante. En termes d’image, il s’agit du premier terrain de hand à 4 installé en Afrique par Havoba et son réseau. Une première forte en émotions et en symboles.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Sur ce site, la mission est remplie, mais l’avenir nous semble résider dans la rénovation d’espaces existants ou dans la simple construction de bases locales, dont le rapport qualité-prix sera encore meilleur. Nous pouvons optimiser pour créer des espaces de socialisation par le sport ; nous allons nous y atteler.







