Dakar, 2025. Richard Billant, 66 ans, ancien entraîneur national de basketball et responsable du projet 3 contre 3, s’investit une nouvelle fois dans le programme HAVOBA. Il veut sensibiliser au sport scolaire comme levier pour détecter les jeunes talents et structurer une pratique sportive durable dans plusieurs pays africains, à commencer par le Sénégal.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre le programme HAVOBA ?
« J’avais déjà eu l’occasion de travailler dans plusieurs pays africains, que ce soit au Bénin, au Congo, au Cameroun, ou plus récemment au Sénégal. Nabila, qui est responsable du projet, connaissait mon parcours et mon expérience en tant qu’enseignant et entraîneur. Nous étions trois dans ce groupe dédié au sport scolaire, et pour moi, c’est essentiel : dans beaucoup de pays africains, il n’existe pas de structures de clubs comme en France. Le sport scolaire devient alors le seul moyen réel de toucher les jeunes et de leur faire découvrir le sport. C’est là qu’on peut éveiller des vocations, créer des passions, et peut-être orienter certains vers des clubs ou une pratique plus régulière. »
Comment HAVOBA peut-il développer le sport scolaire ?
« Il faut absolument s’appuyer sur le sport scolaire. Contrairement à la France, où chaque enfant a facilement accès à un club, dans de nombreux pays africains, ce maillage n’existe pas, surtout en dehors des grandes villes. Soutenir le sport scolaire permet de repérer des talents dès le plus jeune âge. Si on établit des partenariats avec les fédérations et qu’on intègre les enseignants dans le processus, on peut détecter des jeunes prometteurs et ensuite les orienter vers des structures performantes. C’est une démarche qui combine éducation, sport et formation des jeunes, tout en valorisant le rôle des enseignants et encadrants sur place. »
Quelles actions sont prioritaires pour que HAVOBA ait un réel impact en Afrique ?
« La priorité, c’est la durabilité. Il ne s’agit pas d’un projet ponctuel ou d’une action isolée. Il faut pouvoir suivre régulièrement les avancées et évaluer les résultats sur plusieurs années. Au Sénégal, par exemple, nous avons travaillé sur la mise en place de classes sportives et sur l’élaboration d’un cahier des charges précis pour guider ces actions. Mais pour que cela ait un vrai impact, il faut que ces initiatives se concrétisent, se pérennisent et puissent être suivies dans le temps. Si le projet n’est pas suivi, il tombera probablement à l’eau rapidement. La continuité et le suivi sont essentiels pour garantir la qualité du travail réalisé et pour mesurer l’effet réel sur les jeunes et sur le développement du sport scolaire dans le pays. »

